Les 5 et 6 mai 2026, trente-cinq journalistes venus des régions Analamanga, Atsinanana, Atsimo-Andrefana, DIANA, Analanjirofo, Anosy et Androy se sont retrouvés à Antananarivo pour participer à une formation sur les techniques d’investigation appliquées au secteur extractif. Organisée par l’Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives (OSCIE), en partenariat avec l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) et avec l’appui de Fanainga+, cette rencontre visait à donner aux professionnels des médias des outils concrets pour mieux enquêter sur un secteur au cœur de nombreux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Animées par Monica RASOLOARISON et Fah ANDRIAMANARIVO, les différentes sessions ont alterné apports théoriques, échanges d’expériences et mises en situation. Les participants ont approfondi les fondamentaux du journalisme d’investigation, depuis la formulation d’une hypothèse d’enquête jusqu’à la collecte, la vérification et le recoupement des informations. Une attention particulière a également été portée à l’OSINT (Open Source Intelligence), une approche qui permet d’exploiter des données accessibles au public pour documenter une enquête et renforcer la fiabilité des informations recueillies.
La formation a laissé une large place à la pratique. Répartis en groupes, les journalistes ont travaillé sur des cas inspirés de situations réelles afin d’identifier ce qui relève d’une véritable investigation journalistique et ce qui constitue une simple piste d’enquête. Ils ont ensuite élaboré leurs propres hypothèses à partir de problématiques observées dans leurs régions, avant de les présenter et d’en débattre avec les formateurs et les autres participants. Ces exercices ont mis en évidence une réalité commune : enquêter sur le secteur extractif demande du temps, de la méthode et une connaissance approfondie des sources disponibles. Qu’il s’agisse de documents publics, de données administratives ou de témoignages recueillis sur le terrain, chaque information doit être vérifiée, contextualisée et confrontée à d’autres sources avant d’être publiée. Les échanges ont également rappelé que l’intérêt public demeure le principal fil conducteur d’une enquête journalistique.
Au-delà des apprentissages techniques, cette rencontre a permis aux journalistes de partager leurs expériences, d’échanger sur les défis rencontrés dans la couverture des activités extractives et d’identifier des sujets d’investigation propres à leurs territoires. Cette dynamique collective ouvre la voie à une collaboration plus étroite entre des professionnels issus de différentes régions, confrontés à des réalités parfois différentes, mais animés par les mêmes exigences de rigueur et d’éthique.
Les perspectives présentées à l’issue de la formation traduisent cette volonté de poursuivre l’accompagnement des journalistes. Un appel à candidatures pour des bourses d’investigation sera prochainement lancé afin de soutenir la réalisation d’enquêtes consacrées au secteur extractif. La constitution progressive d’un réseau de journalistes spécialisés figure également parmi les actions envisagées pour favoriser le partage d’expériences et encourager une couverture médiatique plus approfondie de ces enjeux.
À travers cette initiative, l’OSCIE, l’OJM et Fanainga+ réaffirment leur engagement en faveur d’un journalisme capable d’éclairer le débat public sur les industries extractives. En donnant aux journalistes les moyens de conduire des enquêtes rigoureuses et documentées, ce partenariat contribue à améliorer l’accès des citoyens à une information fiable et à promouvoir une gouvernance plus transparente des ressources naturelles à Madagascar.
